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Madame Yvonne

Photographe ambulante, « Madame Yvonne » a sillonné les cantons du Trégor avec son vélo pendant 40 ans. De 1905 à 1952, sur un rayon de 40 kms autour de Plouaret, elle est allée photographier sur demande les enfants, les familles, les mariages, les battages, les fêtes, les communions, les soldats, les morts, jeunes et vieux.

Née en 1878, Yvonne Kerdudo est montée à Paris pour travailler. A travers différentes rencontres, elle est venue à la photographie, a été formée par les frères Lumière dans les premières années du Xxème siècle. Revenue sur son territoire de naissance vers 1911, elle s’est installée à son compte à Plouaret et a travaillé jusqu’à 1952, deux années avant sa mort en 1954.

Figure emblématique du canton, « Madame Yvonne » est connue de tous les anciens et beaucoup de ses clichés trônent encore dans les salles à manger de tous les villages autour de Plouaret.

L’aventure du vélo-photo

C’est lors du projet « mémoire gravée » mené par la Compagnie Papier Théâtre de 1998 à 2001 que l’existence des archives nous a été révélée. Sans pour autant avoir la possibilité d’y accéder.

En 2005, une de ses petites nièces, en possession de ses archives, nous a contacté. La Compagnie Papier Théâtre fait alors l’acquisition du fonds Yvonne Kerdudo, constitué de 13.400 plaques de verre au gélatino-bromure d’argent, stockées dans le grenier de la photographe pendant plus de 50 ans. Plus de la moitié de ces plaques est à deux vues. C’est donc plus de 20.095 photographies, est un fonds « muet », qui constituent notre base de travail. Les plaques ont subi peu d’altérations et c’est un véritable trésor que nous redécouvrons avec passion.

Pour accomplir les différentes étapes techniques (nettoyage, numérisation, optimisation, catalogage et archivage), une équipe de bénévoles s’est constituée et a été formée aux techniques de conservation. En 2008, après trois ans de travail assidu, l’ensemble du fonds a été sauvé.

Des séances de projections publiques, des rencontres, auprès des anciens ayant connu la photographe et auprès des familles possédant des tirages, ainsi qu’une publication d’une photo dans l’hebdomadaire Le Trégor, sont mises en place pour poursuivre le travail de datation et d’identification (voir quelques photographies à identifier).

Ce projet de valorisation d’un patrimoine historique et culturel, soutenu par des fonds publics, contribue au développement de notre territoire rural.